A se demander comment on ressort indemne d’un tel mélange, et pourtant, c’est à peu près tout ce que nous offrent nos belles plages. Presque tout, car en prime, il faut compter sur 1053 907,2 m3 d’eaux usées rejetées quotidiennement dans les sites portuaires. Le chiffre multiplié par 369 jours, pour avoir la quantité annuelle, donne un résultat trop long pour une bonne lisibilité de l’article. Le rejet des eaux usées sans traitement demeure donc la source essentielle de la mauvaise qualité bactériologique de nos plages. Ajoutées aux rejets industriels chimiques et pétrochimiques, ceux des centrales thermiques et l’absence de prise en charge, il peut être affirmé sans risque de se tromper que les conséquences dépassent la sécurité sanitaire de nos baignades. En effet, elles participent à la dégradation de la biodiversité marine aggravée par une mauvaise exploitation des ressources halieutiques. Et si le fait de savoir que plus de 60% des sites sont impropres à la baignade vous donne des âmes de randonneurs de forêts ou plus simplement vous incite à devenir casanier, il va également falloir surveiller les assiettes. Car la mer c’est aussi le poisson. Du chien de mer au mercure, miam ! L’ironie, en cette veille d’élections législatives, réside dans la fameuse loi de février 2002 qui impose aux agglomérations de plus de 100 000 habitants de se pourvoir en station d’épuration des eaux usées. A l’heure où les électeurs sont appelés à voter, la loi, 5 ans après, n’est toujours pas appliquée.