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De nouveau, la pollution marine sur le littoral algérien
Plan d’aménagement côtier de l’algérois
Protection de la méditerranée
Pollution de Oued El Harrach
Danger sur le littoral algérien

La capitale sous la menace de toutes les pollutions

La protection du littoral algérois contre toute forme d’agression et de pollution, à travers notamment des rejets de type industriel ou ménager est une mission confiée exclusivement à l’Agence pour la Promotion et la Protection du Littoral (APPL).

Cette mission est assurée par les différents ingénieurs de cette agence à travers un programme établi sur toute l’année. L’APPL, avec ses missions diversifiées et importantes, est considérée comme étant un important organisme de consultation dont les recommandations sont prises en compte pour la prise de toutes les décisions ayant trait à la gestion du littoral.

La côte algéroise s’étalant de Zéralda à Réghaïa compte 81 plages dont 41 sont autorisées à la baignade cette année. Ce chiffre est en hausse, selon M. Bounab Nourredine, sous-directeur à l’APPL, qui précise que ce chiffre a été de 44 en 2005 et de 40 en l’an 2000. L’autorisation à la baignade dans les différentes plages de la capitale est accordée par une commission de wilaya composée de représentants de plusieurs organismes impliqués dans la préparation de la saison estivale. Cette décision est prise par un arrêté signé par le wali d’Alger après avoir consulté tous les rapports concernant les résultats des différentes analyses de l’eau de baignade effectués par l’APPL et par d’autres organismes.

Analyse régulière des eaux de baignade

L’APPL joue ainsi un rôle important dans la préparation de la saison estivale. Deux campagnes sont annuellement organisées par cet organisme placé sous tutelle de la wilaya d’Alger. La première campagne de préparation qui commence en avril jusqu’au mois de juin consiste à prendre des échantillon au niveau de toutes les plages pour effectuer des analyses sur la qualité de l’eau.

Deux types d’analyse sont effectués sur l’eau de mer. Il s’agit d’une analyse physico-chimique qui se fait par la SEAAL avant le début de la saison estivale pour détecter la nature de l’eau et ses différentes caractéristiques.

Les analyses bactériologiques sont, quant à elles, effectuées par l’Institut Pasteur avec pour objectif d’identifier les bactéries et les produits toxiques. Parallèlement à cela, l’Hurbal fait des analyses des eaux de baignade pour le compte des communes concernées, histoire de suivre de plus près. « La moyenne est de deux analyses par semaine avant la saison estivale et d’une analyse hebdomadaire durant » expliquera M. Bounab Nourredinne. Le nombre des prélèvements effectués s’élève d’une année à une autre. Quelque 474 prélèvements ont été faits avant l’ouverture de la saison estivale 2007 et 881 durant.

Plusieurs autres raisons, en plus de la pollution, peuvent être à l’origine de l’interdiction de baignade. Il s’agit, entre autres, de l’absence d’accès aux plages, des travaux d’aménagement, de la présence de rochers à fleur d’eau, du rejet d’eaux usées et autres.

L’APPL apporte également son aide aux communes côtières dans les opérations de nettoiement et d’entretien des plages en les dotant en matériels et en outils de ramassage des ordures, de tamisage du sable et autres. « Cette année, nous avons mis des supports de sacs poubelles dans une dizaine de plages pour permettre aux estivants d’y jeter leurs détritus directement » précisera M. Bounab. Un seul problème continue de se poser à ce niveau et concerne le ramassage de ces ordures. « Nos agents s’occupent de la collecte des ordures au niveau des plages. Le ramassage est, quant à lui, confié aux APC qui ne jouent pas le jeu » dira-t-il. L’APPL contribue également à la réparation des accès à la plage comme cela a été le cas à la plage Marsa et à Delta plage.

Elle a engagé, dans ce sens, une étude préalable pour faire un plan de réparation des accès aux plages et le captage des eaux de source à proximité des plages. Un problème qui devient très récurrent.

Rejets industriels : plus 80 unités polluantes à Alger

Outre le suivi du déroulement de la saison estivale, l’APPL a lancé des enquêtes pour déterminer les points à l’origine des rejets industriels sur la mer. Une enquête qui vise à identifier les responsables la pollution marine à travers l’établissement d’une liaison entre le type de pollution détectée et son origine. Un travail intensif a été mené depuis 2000 et va concerner les 10 000 unités industrielles de la capitale de tous types d’activités agroalimentaires, production de plans, stations de production de lubrifiants et autres. Ce travail va concerner toutes les communes côtières et intérieures. Plusieurs visites d’inspection ont été effectuées dans ce sens notamment dans la zone industrielle d’Oued Smar, Réghaïa, El Harrach, Mahalma, Zéralda. Pas moins de 300 unités ont fait justement l’objet de visites d’inspection et de contrôle depuis le lancement de l’opération, ce qui a permis d’identifier, dans un premier temps, un minimum de 80 unités polluantes à Alger. Plusieurs contraintes sont rencontrées par les ingénieurs de cette agence et se résument en le refus de collaboration de la part des propriétaires des unités concernées.

Une banque de données sera établie à cet effet avec des fiches toxicologiques pour chaque produit polluant recensé. Cette opération visera également à sensibiliser les industriels sur la nécessité de prévoir le système de traitement de déchets avant le rejet.

Alerte à la pollution dans les piscines

Le rush des estivants vers les plages a fait que la norme établie pour le taux d’occupation du sable, qui est de 10 personnes par 2m2 n’est plus respecté. D’où les recommandations des ingénieurs de l’APPL d’ouvrir des piscines privées à côté des piscines publiques comme celle de la salle Harcha, du 1er mai, dustade du 20-Août et de Bab Ezzouar.

Le contrôle des eaux de piscine est, de ce fait, une autre mission confiée à l’APPL. Une opération qui a entrainé la fermeture d’un certain nombre de piscines publiques, et des fermetures de piscines privées sont également envisagées à cause de la pollution.

La collaboration précieuse de l’ISMAL

Une fructueuse coopération a été tissée entre l’APPL et l’Institut des Sciences de la Mer et de l’Aménagement du Littoral (ISMAL) qui s’est soldée par de grandes opérations d’analyse de l’eau de mer. Une opération fortement appuyée par les gros moyens dont dispose l’ISMAL. Ainsi, pas moins de 17 points sont concernés dans le cadre de cette opération où des analyses semestrielles sont effectuées pour détecter la présence des hydrocarbures, organochlorés et des métaux lourds. A cet effet, 17 stations de prélèvement et onze autres pour les analyses sont mobilisées.

« Au port d’Alger, les travaux réalisés par l’Institut des Sciences de la Mer et de l’Aménagement du Littoral (ISMAL) appuient, dans une large mesure, les résultats obtenus par l’étude du METAP en 1994 qui fait état d’une forte présence de la pollution par les métaux lourds dans les ports, et montrent que dans la majorité des dosages réalisés dans les sédiments superficiels de fortes teneurs en polluants métalliques dépassent largement les normes admises comme normales et témoignent bien de sources de pollution très localisées » conclut une étude faite sur la pollution marine à Alger.

Le port d’Alger, qui fait l’objet d’une surveillance soutenue, montre des niveaux critiques en pollution par les métaux lourds, notamment le plomb, cuivre, le zinc, et le cadmium. Les concentrations trouvées en polluants métalliques classent le port d’Alger comme la zone à risque la plus importante du littoral algérien. En plus d’un nombre impressionnant de rejets qui aboutissement à l’intérieur même du port, soit 24 rejets déversant toutes formes de rejets (urbains, industriels, pluviaux), rendant les fonds de darses complètement azoïques. Au port de Dellys (proximité du secteur Est PAC), on souligne des fortes teneurs en chrome et cuivre, liées à l’activité maritime (l’entretien et la réparation des bateaux), et les rejets d’eaux usées dans le port. Cette pollution reste tout de même assez comparable aux valeurs admises comme normales.

Un plan de développement prometteur

Les missions de l’APPL tendent vers la diversification. Le plan d’action mis en place depuis l’an dernier vise à implanter des réseaux de surveillance environnementaux pour assurer diverses missions relatives notamment au contrôle du niveau de recul des plages ou l’érosion côtière, le suivi du phénomène de phytoplancton toxique ou les eaux colorées, un phénomène qui touche particulièrement la zone est et concerne surtout la consommation des produits de mer. Il est question aussi du suivi des herbiers de posidonie, une plante implantée dans quatre zones notamment à Sidi Fredj, Aïn Bénian, Raïs Hamidou, Marsa et Réghaia prochainement. Cette dernière est indispensable pour le contrôle de l’activité biologique et le maintien des stocks de poissons de la wilaya. Tout cela se fait en parallèle à la mise en place du système d’information géographique et d’une banque de données dynamique. Ce système permet un suivi rigoureux de l’évolution et de la planification de cette zone du littoral algérien.

© Agence pour la Protection et la Promotion du Littoral Algérois
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Date de mise à jour: 08/06/2010